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COMPTES-RENDUS n°2
I ) Mai 2005 : ''OSER LA VIE''
II ) « Le travail et les 35 heures »
III )
LE TRAVAIL.
IV ) Suis-je en accord avec moi-même ? Quels chemins pour y tendre ?
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I ) Mai 2005 : ''OSER LA VIE''

Quelques éléments de partage. Oser la vie, c’est….
Oser l’instant
. Etre présent à 100% dans l’instant, pour la rencontre, pour le moment.
Attention aux « heures de pointe du matin », être en permanence à la bourre
 sur ses trajets en voiture !
Donner la priorité aux rencontres dans sa vie. « Les moments de rencontre me ressourcent. On a l’impression de reprendre vie, de se revivifier ».
Se libérer de ses petites (ou grosses) chaînes. C’est larguer ses propres amarres.
Oser faire le premier pas… et parfois le 10 ou le 11è.
Oser être en conformité avec soi-même. Vivre sa fantaisie, oser ses émotions.
Et comment être mieux en conformité avec soi-même que sous le regard de Celui qui m’a créé… et qui a tout créé.
Satan, c’est Sheitan, celui qui divise. Dieu, c’est celui qui m’unifie, qui fait que je suis en plein accord avec moi-même, avec ce qui fait mes racines.
Oser le lâcher prise. « Le lâcher prise, on sait ce que c’est que quand on l’a expérimenté ».

« Une fois qu’on est dans cet état d’esprit, il y a des choses qui me paraissaient inaccessibles, qui ne le sont plus… »

 Oser le lâcher prise. C’est plus rassurant de tout contrôler… mais on se bloque.
Si on est pessimiste et stressé, c’est une grande souffrance. Oser lâcher prise.

« Aujourd’hui j’ai arrêté de me poser des questions. Je suis beaucoup moins stressée.
 Je ne me prends plus la tête avec tellement de choses… ». « Je me sens en confiance, même si les épreuves continuent, mon regard a changé. C’est extrêmement rassurant ».

« C’est impossible à transmettre. Il faut expérimenter soi-même le lâcher prise ».

 Oser lâcher le rocher auquel on est accroché, et faire confiance. Faire confiance à la foi…
qui donne confiance…
Oser la vie, c’est oser être différent…

Oser, c’est accepter que la vie me change. Me dégager des usages sociaux qui me pèsent. Est-ce que j’arrive à m’affranchir de l’image que j’ai de moi ?
 De l’image que je crois que les autres ont de moi ?

C’est accepter le « droit à l’échec », notion insuffisamment intégrée par l’Eglise
 (par exemple pour les divorcés). Nous avons le droit de nous planter.
Oser changer, oser aller de l’avant. C’est affronter la vie… et plus encore.
C’est se libérer de ses propres habitudes. Le danger, ce sont nos habitudes.
Comment aussi ne pas se faire « contaminer » par l’indifférence, l’apathie ambiante ?
Oser être en conformité ave soi-même à l’instant t, mais je change.
 Que mon point de cohérence suive donc l’évolution de ma vie, mon évolution.
On est capable d’oser la vie de l’autre (la di la fé), pas toujours la sienne

Les Français donnent l’impression d’être collectivement repliés sur eux-mêmes
 (de nombreuses exceptions… qui confirment la règle). D’avoir peur… de l’autre, de soi,
 du passé, de l’avenir, des réformes, des non réformes, de l’Europe, de la non Europe,
 de la mondialisation… Oser ma vie, c’est aimer ma vie.
Oser la vie, c’est s’arrêter… et faire confiance
L’amour doit être renouvelé. Sans cesse.
 Prendre le temps de s’arrêter pour peser une décision. Temps essentiel, même si au final ce n’est pas le rationnel qui fait pencher la décision…
C’est peut-être la chance, le hasard au sens de « le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito ». S’arrêter, c’est donc laisser du temps à Dieu… se remettre dans ses mains, lui faire confiance…
Oser la vie, c’est donc chercher à faire la volonté de Dieu. Se mettre à son écoute, à son service, et no pas au mien uniquement.
Soyons rassuré : « Le Christ n’enlève rien, Il donne tout » (Benoît XVI)

Et c’est Lui qui donne le Souffle, le sens… Il me reste à carguer mes voiles,
à les laisser carguées malgré tout…

Le plus difficile dans la lâcher prise, ce n’est pas toujours le premier pas,
c’est peut-être surtout de persévérer dans le lâcher prise,
 malgré l’absence de résultats rapidement visibles.

Oser la vie, c’est ne pas céder au découragement (arme favorite de l’Ennemi).
Oser se renouveler. « Aujourd’hui, il me faut régulièrement remettre du bois au feu ».

Oser la vie, c’est s’engager….

D’abord le Pape, qui a un an de sa mort, perclus de douleur, lance le thème
 « Ose la vie avec le Christ » (année des vocations)
Mère Teresa, qui écrit le très beau texte : « La vie est une chance, saisis-la… »
Yannick Noah et sa chanson « Ose, redonne à la vie sa vraie valeur »

Oser ma vie, c’est être davantage. C’est prendre les moyens d’être à la lumière de Dieu.
Le Père Ceyrac, jésuite issu d’une riche famille (deux frères, l’un patron du patronat français, l’autre député et président de Conseil Général), qui consacre sa vie à l’Inde et
 aux camps de réfugiés en Thailande.

 Oser la vie, aussi en apportant Celui qui est la vie. C’est oser témoigner.
Un Arménien a fondé à partir de rien
 « La communauté des hommes d’affaires du plein Evangile ».
Guy Gilbert, « père des loubards »
(2 jours de retraite silencieuse tous les 15 jours pour tenir et continuer à porter du fruit).

Oser la vie, c’est oser aller vers les autres.
Entouré de jeunes délinquants, que faire ? Comment oser ma vie ?

 Le Pasteur Wilkerson et son engagement au milieu des drogués
 (livre « la Croix et le Poignard »)
Et… nous, demain ?
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II ) MCC NORD - Réunion du 21 octobre 2002
« Le travail et les 35 heures »

Note préparatoire rédigée par Odile (salutaire initiative!), qui lance la discussion : Quelle valeur donner au travail ? Travailler pour construire et faire évoluer la communauté. Travailler pour se construire soi-même et évoluer. Quelle valeur donner au temps libre ?

  1. Une perception négative du travail…

Origine latine « tripallium », instrument de torture pour les esclaves. Travail considéré comme dégradant par les Anciens : pour les Grecs, le travail étaient réservés aux esclaves, les hommes libres philosophaient (une vertu ? Notre société ne manque-t-elle pas de réflexion philosophique ?). Aujourd’hui, une situation voisine se retrouve au Moyen-Orient : les Emiratis vont aux centres commerciaux, les immigrés (philippins, pakistanais, indiens…) travaillent.

Un concept de société radicalement différent du nôtre, où seul le travail compte, individuel ou collectif. Où l’économie règne en Minotaure.

Labeur, salle de travail (accouchement) véhiculent des notions de pénibilité.
« Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». Pour Adam chassé du Paradis, le travail devient punition… Ou une chance? « Heureuse faute qui nous a valu un tel Sauveur »
 (St-Augustin).
« Celui qui ne travaille pas, qu’il ne mange pas non plus » (St-Paul)

  1. …qui peut être dépassée s’il devient oeuvre

En quittant le Paradis, Adam et ses descendants découvrent le passage de « l’économie du don » (Dieu donne) à « l’économie de la prise »  (il faut coopérer à l’œuvre de Dieu).

« Si Dieu ne construit la maison, c’est en vain que travaillent les bâtisseurs ».

Travail = œuvre (« opera » en latin). Connotation positive de fruit d’un effort, réalisé dans un but précis. Savoir dans quel but on travaille, pour qui, pour collaborer à quoi. Quel est le sens de ce que je fais au quotidien ? C’est nous qui donnons notre valeur à notre travail.

Travail est souvent opposé à inactivité, à oisiveté. Ceux qui ne travaillent pas dérangent souvent (SDF, ermites…). L’ermite dérange, il ne participe pas à la création de richesse collective. Le moine aussi peut perturber, même si le travail est un fondement de nombre
de communautés monastiques.

« Prie et travaille » (règle de St-Benoît).
Mais la prière n’accomplit-elle pas plus que le travail ?

Travailler est aussi opposé à voler. Prendre sans contrepartie est considéré comme une injustice. Mais que fait Dieu de la notion de travail dans la Parabole des ouvriers de la dernière heure ? Injuste ? Loft Story et Star Academy sont des émissions morales (celui qui a le plus bossé est apprécié). Dieu ne veut-Il pas nous dire que c’est Lui qui donne avant tout ? Que notre travail n’a de vrai valeur que s’il est accompli avec Lui ?

Cf. Ste-Thérèse de Lisieux qui met tout son amour dans chaque tâche, chaque geste,
chaque parole.

  1. Et le temps libre, comment le vivre ?

Va-t-on vers une civilisation de loisirs ? Vers une semaine de 15 h de travail ?

Le loisir peut apparaître comme un plaisir de l’homme centré sur lui, reflet d’une civilisation individualiste, égocentrique. A moins qu’il ne soit partagé (famille, enfants, amis…), à un cercle de plus en plus large (membres d’une association, d’une équipe de sport, d’une chorale…), de plus en plus ouvert (sans différence de classe sociale).

Trop d’activités est un mal moderne, tant pour soi que pour ses enfants. Apprendre à ne rien faire, retrouver le goût de l’ennui, de l’observation, de la patience.

Attention à trop s’activer. « Ne perds pas ton temps à gagner ta vie, gagne ton temps, sauve ta vie » (L’Arche de Lanza del Vasto). « A force de vouloir gagner sa vie, on la perd ».

Il existe une impérieuse nécessité de s’ouvrir à Dieu, de faire silence en soi. L’homme moderne se fuit souvent aujourd’hui. Il importe de savoir aller au désert et intérioriser. Beaucoup de nos contemporains ne supportent plus le silence. Témoignages sur les bienfaits d’une retraite en silence, d’un dîner en silence.

Un exemple de rythme de vie équilibré se retrouve dans des communautés monastiques : rythme des 3/8 (travail, prière, repos).

Le travail, comme le loisir peuvent être une sorte de fuite.
 La principale angoisse de l’homme : la mort.

  1. Les 35 heures, un bien ou un mal ?

L’homme ne s’épanouit-il pas aussi dans son travail ? Différence entre un travail choisi, pleinement accepté et un travail ressenti comme imposé, trop pénible, non valorisant.

Il existe une réduction historique du temps de travail dans la société occidentale. Jusqu’où
 va-t-on ? La France n’est-elle pas allée trop loin ? N’est-elle pas déconnectée du reste du monde ? Seule la Belgique a légiféré plus fortement que la France en la matière :
17 heures par semaine dans certaines circonstances. 

Les 35 heures donnent une connotation négative au travail (puisqu’il faut le limiter). Elles vont à l’encontre de la passion, de l’engagement, du plaisir (travail vécu comme corvée).
 De l’enthousiasme (de en theos, en Dieu).

On s’est mis à compter les minutes, avec des effets pervers au sein de l’entreprise.
Est apparue une mentalité d’épicier, une forme de mesquinerie sur son temps de travail
qui n’existait pas auparavant.

Avant les 35 heures, le travail consistait à mener à bien une mission. Aujourd’hui, peu importe, on est rémunéré à l’aune de ses heures travaillées. Le travail devient un temps de présence.

Le fait que les 35 heures ait été imposées, qu’il y a une obligation légale de compter les heures (inspection du travail) introduit une notion de « flicage », de contrôle. Et une entrave
 à la liberté, une entrave au plaisir.

Les 35 heures ont créé peu d’emplois dans les entreprises, et aucun dans l’administration.

Un dispositif conceptuel qui part d’une idée fausse : le nombre d’heures travaillées d’un pays est un gâteau non extensible à se partager. Or le travail se crée, le travail appelle le travail, l’investissement appelle l’investissement. Le dynamisme d’un pays attire de nouvelles activités, créant de nouveaux emplois. Le volume d’heures travaillées dépend de l’entrain,
 de l’attractivité d’un pays. C’est ce qui s’observe dans nombre de pays anglo-saxons
 (GB, Irlande, USA…) ou asiatiques (Singapour…). 

Rien de grand dans le monde ne s’est fait en 35 heures par semaine (Beethoven, Hugo…).
Il est reproché aux 35 heures de proposer une vision d’avenir étriquée pour la France,
 un manque d’ambition patent.

 Pourtant, pour les entreprises, l’intérêt des 35 heures est manifeste lorsque confronté à
 un problème de réduction de salaire et un fort quota d’heures supplémentaires
 (exemple du secteur automobile, qui a créé quelques emplois, et surtout baissé
 le coût des heures supplémentaires).

Les 35 heures peuvent toutefois représenter une chance pour la société, avec le retour de nombre de femmes au foyer et une nouvelle priorité donnée à la famille.
Pour les cadres, moyennant une nouvelle organisation de vie, avec des priorités claires
et moins de stress, les 35 heures peuvent permettre d’accomplir quelque chose de différent, de faire de sa vie une œuvre.

  1. Le travail comme prière

C’est la prière qui donne du sens au travail. Prier avant, prier après : offrir sa journée.
Tout faire par amour devient un délice. Tendre vers
« les 35 heures d’amour »…

Thèmes suggérés pour les prochaines réunions : la foi (comment je la vis, comment la faire grandir), ma relation à la société de consommation, l’islam (tolérance, place de la femme, ressemblances et différences avec le christianisme), Halloween/les sorts jetés/esprits et personnes possédées, évangéliser dans son travail, concilier vie de famille/personnelle et vie professionnelle, la tentation, les croyances vs. les religions, les sectes, les syndicats,
 l’autorité et l’amour. 

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III ) M.C.C. du Sud (23/04/2003): LE TRAVAIL
« Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front »
Genèse : chap 1 chap 3 (17,19)

 Dans la Genèse chap 1 le travail est présenté comme un don de Dieu il épanouit et
 
apporte le bonheur
Chap3 après s’être laissé glisser sur la voie du péché
ous les actes vitaux sont liés à la peine . Le travail devient synonyme de punition et 
 de
fardeau .
Approche contemporaine : Le travail est-il un fardeau ?
Pourquoi travaille t’on ?
Quel est le but du travail ?moyen de se réaliser ou de s’enrichir ?
Rôle des lois sociales ?
Recherche de références bibliques : St Paul « tout travailleur mérite salaire ,
celui qui ne travaille pas ne mange pas »
L’argent n’est pas un Dieu
On ne retrouvera plus une société de plein emploi donc nécessité des lois sociales.
Mais il ne faut pas profiter du système (RMI assimilé à un salaire ,
se contenter de toucher les Assedic sans chercher du travail)
Problème de la mondialisation et des délocalisations (cf  Responsables sur le travail p 6)
La délocalisation n’est pas un mal en soi elle doit permettre à la société en question de rebondir et de réinvestir .
Le travail maintenant est une fonction sociale , un moyen de gagner sa vie.
On ne le choisit pas toujours .
Le travail est un instrument, un outil .Il n’a pas de valeur en soi. IL a la valeur que lui donne l’homme. Il ne permet un plein épanouissement que s’il y a vocation
La soirée se termine par une prière préparée par Sabrina.
 

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IV ) Suis-je en accord avec moi-même ? Quels chemins pour y tendre ?

 Une question essentielle, large, décapante, qui peut être abordée sous plusieurs angles.
Une question philosophique, existentielle, psychothérapeutique. Voici quelques éléments, parmi d’autres.

Est-ce que je fais ce que je dis, et je dis ce que je fais ? Ma foi, ma pensée, mon action sont-ils en cohérence ? Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout ? Suis-je créateur de ma vie, de vie (à l’instar de Dieu-artiste, créateur dans la Genèse) ?

Quel est l’objectif qui unifie mon existence et oriente mes aspirations, mes énergies ?

Ai-je un objectif ? Ce que je fais me conduit-il vers mon objectif ?

  1. Le contexte

Difficultés de société
Nous vivons dans une société individualiste, hédoniste, anxieuse. Une société où l’on ressent fortement la peur (de quoi ne nous protégeons-nous pas?), le pouvoir de l’apparence, la quête du succès/confort personnel, la manipulation de masse (certains médias). Quelle liberté véritable (intérieure) ?

La société moderne ne m’amène pas à réfléchir à mon objectif, au sens de ma vie.

Une société qui offre en même temps 1 000 possibles, une foison d’activités, de possibilités de rencontres.  Pourtant, puis-je prendre le temps de la rencontre ? Puis-je prendre le temps ? Suis-je disponible, ou au contraire stressé, avec des préoccupations
 qui m’éloignent de l’autre ?

Jean-Paul II parle des « contradictions de notre temps ».

Difficultés en soi-même
« Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas » (Saint-Paul)
Je peut être enfermé dans mon passé et le répéter. Sans être alors libre. Libre d’être cohérent, d’être moi. A cela Marthe Robin affirme que « le passé est fait pour être dépassé ». Donc me libérer intérieurement.
Saint-Jacques parle du pouvoir de la langue, si difficile à maîtriser et qui peut faire tant de dégâts (et pas seulement le la di la fé).

  1. Quel objectif alors ?

Le bonheur bien sûr, comme objectif. Le vrai bonheur qui est don.
Pour cela se transformer soi-même, sans essayer de changer l’autre. Nous sommes tous appelés à cette transformation, cette renaissance intérieure.
Jésus dit à Nicodème que cette renaissance, indispensable, ne peut avoir lieu sans l’Esprit.
Nous sommes appelés à prendre soin, chacun, d’un tout petit espace de ce monde.
 « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même » (Thérèse de Lisieux).
Ma cohérence interne est alors liée :

-          à ma parole (« Que ton oui soit un oui et que ton non soit un non »)
-          à la mise à profit de mes capacités (parabole des Talents)
-          à mon engagement (« Ne soyez pas comme ceux qui disent mais ne font pas… », « La foi sans les œuvres n’est rien », « Dieu vomit les tièdes »)
-          à ma manière de faire (Thérèse de Lisieux mettait tout son amour dans chacun de ses gestes)

Etre en accord avec moi-même, c’est être 100% présent, proposer du temps de qualité à ceux qui m’entourent. C’est être dans l’instant présent, sans traîner le passé et sans être préoccupé par le futur.

Pour Madeleine Delbrel, la vie se danse, comme à un bal. Danser, joyeusement, et ne pas rester sur le banc. Ma cohérence se trouve dans l’action : « le désir d’aimer n’est pas l’amour en soi. L’amour c’est ce que l’on fait ».

Ce qu’avait souligné Vatican II : « L’amour est un sentiment volontaire ». Aimer, c’est non pas prendre (uniquement), mais lâcher et donner. Se mettre au service de l’autre.

Te donnes-tu ou te gardes-tu ?
Le bonheur, la croissance humaine se mesure à l’ouverture à l’autre.

  1. Comment y tendre ? Quels chemins possibles ?

La devise de François de Sales peut être un repère, un compagnon de route :
 « discipline, prière, bonté ».
La discipline personnelle de Charles de Foucauld, de Théodore Monod et
de tant d’autres questionnent.
Se connaître est le point de départ sans cesse renouvelé de toute notre vie, pour plus de cohérence. Demander à des proches comment ils nous perçoivent est souvent riche d’enseignements. Dégager alors deux priorités, et faire « un agenda à ses priorités ».

 De même la pratique de « cette bonne solitude qu’est l’amitié avec soi-même ».
 Cette bonne solitude qui est de refuser de se perdre hors de soi, afin de
 « préparer en soi un logis intérieur où le monde peut être reçu » (Pascal Ide).

 Martin Gray constatait avec volonté et amertume « Je veux entendre ce qu’il y a en moi.
 Il y a trop de personnes tournées vers l’extérieur d’elles-mêmes, comme des poches retournées, plus rien ne reste de ce qu’elles sont
 ».

 Bien sûr, cela signifie apprivoiser son ombre. Et accepter de ne pas être aussi parfait et
aussi lisse qu’on le souhaiterait. S’accepter, s’aimer. Il est nécessaire de m’aimer pour accepter que Dieu m’a donné un rôle.

 Pourtant, une tension peut exister entre se maîtriser et lâcher prise. Se laisser aimer
 par Dieu sans se laisser aller. « Ce que tu peux, fais-le. Ce que tu ne peux pas,
 confie le à la miséricorde de Dieu
 » (La Didachè).

 Mais que faire au quotidien face à mes émotions, qui m’écartent de moi sans que j’y consente ? Le poète Basho disait « C’est au vent qui l’ébouriffe et à la tempête qui le ploie que l’érable rouge doit sa beauté… » Aux suicidants, le Canadien Jean Monbourquette affirme que les émotions sont passagères : « Si tu leur permets d’exister,
elles s’évanouiront et tu te sentiras plus libre
 ».

Satan, c’est sheitan en hébreu, celui qui divise, qui sépare. Celui qui me coupe de mon ressent, de moi-même et des autres (et donc de Dieu). Etre en accord avec soi-même, c’est être unifié, ne pas être tiraillé, dispersé. Pour cela, être vraiment à l’écoute de son cœur. 

 Tout est question d’état d’esprit. La prière, courte et fréquente dans le courant de la journée, m’amène à me remettre en Dieu. Et de fait, être en accord avec moi-même c’est être en accord avec Dieu.  Me laisser guider par Dieu, puisqu’à la fois il me connaît mieux
 que moi-même et désire ardemment mon bonheur.

« Le miracle, ce n’est pas Dieu qui fait la volonté de l’homme. C’est l’homme qui fait la volonté de Dieu.»

  1. Et moi, demain ?

Faire mieux ce que je fais ? En faire plus : m’engager ?
« La seule manière que nous ayons d’honorer la vie est d’aborder de neuf chaque jour
 sans la grever de nos attentes – oser l’unicité du jour neuf ! »
(Christiane Singer).
 

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