MCC
 ''Mouvement Chrétien des Cadres et Dirigeants''
à LA REUNION
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COMPTES-RENDUS n°3
I ) Réflexions sur les oppositions.
II ) « Prière, Jeûne, Partage »
III ) « Comme l’argile, laissons-nous faire par Dieu le potier»
(Journée ''Art et Foi'' )
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I ) É L É M E N T S   D E   R É F L E X I O N - 18 mai 2003

 Opposition.

Toute vie repose sur des oppositions. La vie est équilibre entre des contraires. L’unité initiale se décompose en plus et moins, positif et négatif, clair et obscur, droite et gauche…
comme autant de pôles autour desquels s’organise la vie. Et cela dans tous les domaines.

L’univers matériel s’est ainsi construit à partir de forces gigantesques qui s’attirent ou se repoussent, sans lesquelles il n’y aurait que le néant. Les éléments les plus infimes qui constituent la matière ne tiennent ensemble que par ce jeu d’attractions et de répulsions.

Il en va de même dans le domaine psychologique. Les hommes sont faits de telle sorte qu’ils sont traversés de tensions opposées et la personnalité de chacun ne se construit qu’au prix d’une longue lutte pour dominer les contradictions qui l’habitent. Celui qui n’est plus en mesure de supporter et d’assumer ces tensions risque d’entrer en dépression, ce qui est une forme de refus de la vie. Il ne fait plus face. D’autres au contraire cherchent à faire taire la contradiction en supprimant le contradicteur, ce qui est tout aussi opposé à la vie.

Dieu lui-même n’est pas à l’abri d’un pareil traitement. Il est en butte à la question du mal. À cause d’elle la foi monothéiste peine à maintenir l’unicité divine et fait place parfois à des accommodements divers. À l’inverse pour éviter toute question cette foi peut se durcir et imposer un rigorisme intellectuel qui règle tout débat et impose une pensée unique, faisant l’économie d’une nouvelle réflexion sur la révélation et la lecture des Écritures.

Lorsque les foules se mettent à manifester massivement en agitant des banderoles
et en scandant des slogans, nous pouvons avoir plusieurs réactions. Tout d’abord exprimer notre accord ou notre désaccord. Mais ceci n’est qu’un premier mouvement, instinctif.
 Nous devons au contraire nous réjouir, dans tous les cas, en pensant que ce tumulte contradictoire est l’expression de la vie, un des piliers de l’équilibre de la vie sociale
 parcourue par ses tensions.

Il est bon que la foule fasse entendre sa voix. À condition qu’elle-même soit respectueuse de l’avis de l’autre, ne veuille pas le bâillonner. Car l’inclination naturelle de
 la foule est la même que celle du pouvoir : vouloir imposer sa volonté, sa vision des choses. Autant l’expression d’une pensée d’opposition est hautement profitable à tous, autant l’imposition autoritaire d’une solution univoque à une question complexe est préoccupante.
Le dialogue doit demeurer entre les uns et les autres, dans la perspective du bien commun.

À quoi il faut ajouter que les foules sont manipulables. Mais ce n’est plus à nos foules françaises qu’il faut alors se référer (quoique…), mais à celles qui, en ce moment même,
 à Bagdad ou ailleurs, réclament l’arrivée d’un pouvoir religieux, islamiste. Pour qui pense que la vie est équilibre entre des forces opposées, religieux – laïc par exemple dans le domaine politique, la proposition d’un pouvoir autoritaire à la pensée rigide, basée sur une religion, avec tous les excès que cela autorise, est la négation de la vie. Nous nous trouvons dans
 le cadre où une religion conduit à la mort. Non pas l’Islam proprement dit,
mais cette façon de le concevoir.

Ces foules rappellent celles qui avaient plébiscité Jésus avant de voter sa mort.
 Elles rappellent aussi ce vieux texte mythique qui, comme tout mythe, est riche de pensée,
 le récit de la Tour de Babel (Gn 11). Cette tour se construisait dans le cadre de la pensée unique, en opposition à Dieu. La foule qui l’édifiait ne pouvait émettre la moindre contestation, la moindre pensée personnelle. Elle édifiait le premier camp de concentration, unique lieu de vie prévu pour l’humanité à venir. Pensée religieuse s’il en fut. En voulant rivaliser avec Dieu et même le dépasser, elle annonçait la mort de l’homme. Heureusement Dieu a réintroduit la différence, l’opposition, le dialogue et l’équilibre qui permettent seuls l’épopée personnelle.

Notre désir de paix qui nous fait parfois aspirer à une vie étale ne doit pas nous faire redouter les manifestations parfois un peu trop tempétueuses de la vie. Nous ne devons pas confondre les remous qui sont la manifestation de la vie dans la recherche de son difficile équilibre et les manifestations qui appellent à la mort de l’humanisme, sinon de l’homme,
pour contenter un Dieu conçu comme un tyran. Mais il est bon que les uns et les autres s’expriment, car l’appel à la mort fait partie des contradictions de la proclamation de la vie.

Vivre, accepter la vie, c’est entrer dans la difficile recherche de l’équilibre, aussi bien dans l’ordre de la nature, de la vie sociale, de la vie personnelle que de la vie avec Dieu.
 C’est se faire laborieusement son opinion personnelle et avoir le courage de l’exprimer,
même dans l’adversité. C’est tout faire pour que la mort n’ait pas le dernier mot.

Pour une éthique de l’opposition.

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II ) RETRAITE MCC CAREME « Prière, Jeûne, Partage »
5-6 avril 2003

SYNTHESE DES ENSEIGNEMENTS

I - LE CAREME (Père Jean NARAMOOTOO)
Origine
Le carême a été inventé pour les catéchumènes, en vue de les préparer au baptême.
Cette pratique a été étendue aux baptisés, pour renouveler la grâce du baptême.
Le prêtre refait alors, à la fin du carême, les trois gestes importants du baptême :
 l’eau, la lumière et la profession de Foi.
Le baptême est acté avec l’eau, le Saint-Chrême consacre, la confirmation (l’ordination)
 sont effectifs avec l’imposition des mains.
Etre consacré signifie être mis à part pour une mission précise. 

Objectif
Il s’agit de mettre à profit les quarante jours du carême, pour se convertir, pour regarder Dieu en face et devenir un homme nouveau.
La durée de quarante jours renvoie symboliquement aux quarante années passées par le peuple Hébreu dans le désert.
Ce temps très long a permis de renouveler complètement une génération et de faire un peuple nouveau (tout le peuple, sauf 2, meurent dans le désert), au prix de nombreux combats (épisode du veau d’or).
Le carême est un temps pour se convertir (arrêter de tourner le dos à Dieu, le regarder face à face). D’une manière générale, la pratique chrétienne actuelle a tendance à trop privilégier la privation de nourriture par rapport au changement du cœur, qui est essentiel.
En pratique, me demander à qui suis-je consacré, quelles sont mes idoles cachées. Reconnaître que ce que j’ai vient du Seigneur. Une occasion de se réconcilier.

II - L’ORAISON IGNATIENNE (Père Jean)

Faite à partir d’un texte biblique. L’exemple décrit une méthode, à partir d’un exemple :
la phrase de Jésus à ses futurs disciples « Que cherchez-vous ? ». Oraison de 20-40 mns en fonction de son temps disponible. Ce qui est important, c’est prendre un RV avec Dieu
 pour sa prière (jour, heure, lieu).

1. Signe de croix : je me mets en présence du Seigneur. Je ne cherche pas des signes de Ta présence, je crois.
2. Je lui demande la grâce de… (ex : Mieux connaître le désir qui m’habite dans ma relation avec le Christ)
3. Composition de lieu : je m’imagine auprès de Jean Baptiste sur les berges du Jourdain. Je visualise la scène. Je vois les visages des personnes, j’entends leurs paroles, leur respiration, je sens les diverses odeurs…
4. Trois points dans ma prière (je m’arrête sur ce qui a du goût pour moi) :

- J’écoute et je regarde (2 hommes qui marchent derrière un autre…) –
Qu’est ce que je cherche ?
- « Rabbi où demeures-tu ? » - Ils cherchent à demeurer avec lui
- « Venez et vous verrez » - Jésus ne donne pas une réponse intellectuelle,
 il faut faire soi-même l’expérience.
« Tentez l’expérience avec moi, osez » semble nous dire Jésus.
5. Colloque : je parle avec Dieu « comme le font deux être qui s’aiment »
6. Notre Père

Quand la prière est difficile, ce n’est pas grave, rester en silence tout simplement.
 L’aridité est aussi nécessaire.

Après la prière, la relecture. S’interroger sur le comment ça s’est passé (difficile, facile, lieu, distractions…), sur ce que j’ai ressenti (joie, consolation, tristesse, incompréhension…),
est-ce ça me pousse à prendre une décision.

Si possible, noter sur un petit cahier qq mots/phrases
(très utile pour aller de l’avant, on balise son chemin).

 III - LA PRIERE (Frère Rémy BERGERET)

Définition

Selon le dictionnaire, prier, c’est s’adresser à Dieu.
La prière constitue une activité ancienne et ordinaire de l’Homme, qui le différencie
 de l’animal.
Ainsi, les premières traces religieuses concernent le soin apporté par les hommes préhistoriques aux sépultures. Face à la mort, l’Homme se tourne donc vers Dieu.
L’Homme est un être religieux, fait pour prier (St Augustin : « capax Dei »).
La prière est « une respiration de l’âme ».
Pour Charles de Foucault, « Prier c’est penser à Dieu en l’aimant ».
La prière constitue donc une fonction essentielle de l’Homme, du chrétien et de l’Eglise.
Cette charge est assurée par l’Eglise et soutenue par les communautés religieuses de par le monde (à chaque seconde du jour ou de la nuit, chaque jour de notre vie, on peut être en communion avec une communauté monastique qui prie).
Pourquoi
La prière constitue l’une des quatre activités de base de l’église, avec l’Eucharistie,
 le Partage et la lecture de la Parole.
Nous prions parce que Jésus lui-même a prié et a transmis cette pratique à ses disciples mais aussi parce que le Christ nous le demande.
Mais au-delà, la prière revêt une portée pédagogique : elle nous transforme spirituellement
 et psychologiquement, elle induit des guérisons en profondeur.
Comment
Toute prière chrétienne est centrée sur le Christ, et trinitaire. Un cadre doit spécialement prier pour ceux dont il a la charge.
Formes
 : la prière peut-être collective ou individuelle (prière personnelle ou oraison),
 laissée à la discrétion de chacun.

Prière collective : où est amour et charité, Dieu est présent. Il faut veiller à un équilibre entre la louange et la demande d’intercessions. Prier en se sachant exaucé, prier est un acte d’espérance.

 Eléments structurels :St Paul nous conseille de « prier sans cesse », de profiter de tous les moments disponibles. Il faut choisir le lieu, aménager l’espace, avoir un minimum de silence
 et de support. Quand c’est possible, choisir un texte (notre prière se nourrit de la Parole de Dieu). Terminer par un Notre Père.
C
onditions : une certaine durée (au moins cinq minutes), une paix intérieure et
 un contenu unique : Dieu.

Lieux et moments :A travers la nature (la contemplation), à travers les évènements
 (« les signes des temps »), à travers les personnes
 (« le sacrement du Frère », les rencontres, des témoins)

 Obstacles : Notre peu de Foi, le doute, le péché, l’ennui et la tentation, les distractions…
notre cinéma intérieur (la prière n’est pas introspection ou bavardage).
 Décider fermement de consacrer X mns à la prière, et les choses se mettent en place
 (avec une pincée de persévérance).
Objet :Toute prière s’adresse au Père, par le Fils, dans le St Esprit.

 IV -      LE PARTAGE (Frère Remy)

Définition
Doctrine de la destination universelle de tous les biens (Genèse 1) : tous les biens de la terre ont été confiés à tous les hommes. Le partage est un acte positif de justice, qui contribue à faire avancer le Royaume.

 Etre miséricordieux, c’est avoir un cœur capable de voir, de sentir la misère de l’autre,
 d’en être ému jusqu’au plus profond des tripes de réagir pour soulager un peu cette misère (opposé de miséricorde = indifférence).

Le partage, la solidarité va nous mettre en communion avec des personnes auxquelles nous n’aurions pas pensé, si nous savons nous laisser toucher.

Le partage, sous quelle forme ?

-          Les biens matériels dont nous pouvons nous désencombre : le superflu + ce qui touche à notre nécessaire (et qui va nous coûter un peu)

-          Le don de notre temps, de nos énergies : être attentif à l’autre, c’est lui faire de la place dans ma vie, qu’il prenne sens dans mon existence

-          Se ménager des espaces de gratuité, c’est vital. Des espaces où je puisse me donner moi-même.
Avec la prière et le jeûne, le partage est la condition d’un épanouissement total de mon être. A chaque fois, Dieu est présent. L’objet du partage et du jeûne est de nous libérer en profondeur du risque d’asservissement à l’argent et à l’égoïsme.

-          Partager les responsabilités, avoir le souci du travail d’équipe.
 La responsabilité d’un cadre est de faire croître
ceux dont on a la charge
 (autorité vient de autoritas, lié à aumentare, augmenter)

-          Partager les expériences spirituelles (comme les disciples d’Emmaüs qui repartent aussitôt à Jérusalem)

-          Par le témoignage de vie (attentions à autrui, qualité d’écoute…)

        V - LE JEUNE (Père Jean)
Le jeûne est là pour montrer notre désir de vraiment changer (habitants de Ninive). Il nous aide à nous voir avec lucidité, dans ce que nous sommes vraiment. Il faut que notre cœur change, qu’il s’ouvre radicalement à Dieu.

 Le péché dénature, il apporte une division en moi (Satan vient de Sheitan, celui qui divise).

Le péché me blesse (je ne blesse pas seulement les autres). Jésus vient me rejoindre dans la boue de ma vie : il me purifie.

Le péché est à comprendre comme la volonté de l’homme de ne devoir qu’à soi la réalisation de son être. Je refuse de me situer devant Dieu et devant les autres dans une relation d’amour. Au départ le péché » est choisi, ensuite quand l’habitude s’installe,
 « le Malin vous pousse du doigt seulement et vous glissez ».

Il y a là un acte de liberté : je m’enferme ou je me libère. Il n’est pas une infraction à la loi.

Parfois, il faut arracher quelqu’un aux griffes du mal.

Le jeûne est toujours un appel à la conversion, un appel à me réconcilier avec le Père et
 avec ceux qui m’entourent.

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » me demande chaque matin le Seigneur. Il faut être prêt, savoir immédiatement ce que l’on veut.

        VI -         LA PRIERE D’ALLIANCE (Père Jean)

Il s’agit d’une prière pour gens très actifs : contempler Dieu dans l’action. Devenir conscient de sa vie, et de la présence de Dieu en elle. Dieu et ma vie.

Objectif : Ce type de prière m’aide :

1.        A mieux me connaître, dans mes qualités et mes limites, dans mes possibilités.
 Et à m’accepter.
2.        A grandir dans ma relation avec l’autre. L’amitié, l’intimité grandit.
3.        A mieux discerner, savoir quoi faire dans telle situation (comme Salomon, un cadre a besoin de la sagesse)

Déroulement
Cette forme de prière dure de 7 à 10 mns, peut se faire le soir, le matin, le midi, dans les embouteillages, en fumant un cigare… Elle s’articule en trois temps :
1.       De toi à moi
2.       De moi à toi
3.        Nous deux demain

1. De toi à moi (2’)
Dans ma journée, il y a des petites choses qui manifestent que Dieu était là, que j’ai pu réaliser parce que Dieu était là. Rendre grâce. Pour des choses bien précises (et non en général), MERCI

  1. De moi à toi (1’)

Et moi, qu’est-ce que j’ai fait pour toi ? Qu’est ce que je n’ai pas fait pour toi, donc pour l’autre, pour telle personne que j’ai croisée, à qui j’ai parlé au téléphone, à qui j’ai pensé… PARDON.

3.    Nous deux demain (4’)
Le temps de prière le plus long. Demain, qu’est ce que nous allons faire tous les deux ? Dans ce projet, dans cette réunion, comment allons nous faire tous les deux ?
Comment allons-nous faire face ensemble, dans une optique de justice ?
 Je ne tends pas la main à Dieu, je demande à Dieu de participer avec moi.
 Un jour, ce sera lui qui me demandera de participer avec lui. S’IL TE PLAIT.

Les gens qui s’aiment, ils font des choses entre eux que les autres ne comprennent pas.

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III ) MCC la Montagne - Journée ''Art et Foi''  du 27 mai 2006
« Comme l’argile, laissons-nous faire par Dieu le potier»

Dieu potier

Dans la Bible, les 16 références au potier mettent l’accent sur LES MAINS.
Le potier veut faire une œuvre, pas une chose. Il fait sortir de la terre une œuvre extraordinaire, unique et belle à ses yeux.
Le but de Dieu est de faire des œuvres belles : « Il vit que cela était bon ».

Dieu nous a fait à son image et à sa ressemblance (Genèse).

Dieu est un créateur, pas un magicien. Ses œuvres sont le fruit de son travail.
 Elles lui réclament du temps, de la réflexion, de la concentration
(Il est pleinement dans ce qu’Il fait), et bien sûr de l’amour.

Dieu prend du temps – il invente – il fait œuvre de ses mains – il contemple.

Dieu modèle l’homme (à partir de la terre informe), Il façonne la femme (à partir de l’élément constitué homme).

Pour aller plus loin, des références bibliques :
« Tu m’as tissé, quel être étonnant je suis… »
« Modelé aux entrailles de la terre…»
Isaïe 64 « Nous sommes l’œuvre de tes mains… »

Nous sommes des œuvres de Dieu

Voir Dieu comme un potier induit un changement de regard sur nous-mêmes.
 Chacun de nous est une œuvre unique de Dieu, une oeuvre belle à ses yeux. (Genèse).

Nous ne pouvons plus dire que nous sommes des œuvres ratés, car
 il n’y a pas d’œuvre ratée au regard de Dieu artiste. 
Jamais plus nous ne pouvons nous dévaloriser ou penser du mal de nous-mêmes.

« Nous sommes Un avec Dieu, et rien ni personne ne peut nous séparer »
 (La petite voix, Eileen Caddy).
Références bibliques : Jérémie 2,7 : le potier ne fait pas de vase raté, il recommence.

Dieu continue à nous modeler

Dieu poursuit son travail de modelage à chaque instant. Pour lui permettre d’agir,
 il faut le laisser faire. Dieu a besoin de la coopération de l’argile.

Vase ordinaire ou vase de luxe ? Nous sommes tous a minima des vases ordinaires, il nous appartient de laisser Dieu poursuivre son œuvre et faire de nous des vases de luxe.
 Lao Tseu disait : « Pétrissez l’argile et creusez-la pour faire un pot.
 L’utilité du pot résulte du vide, de sa vacuité
 ».

« Prier c’est pour moi être là, simplement, en essayant de lui laisser toute la place, dans la vacuité du silence. Comme potier, je fabrique du creux. Le creux a une résonance. Ne sommes-nous pas appelés à laisser résonner en nous le divin, à Le laisser être Lui en nous » (Père André-Marie, bénédictin itinérant et potier).

Comme en témoigne Isaie (45, 1-9), il nous arrive d’avoir l’attitude du pécheur non converti : c’est là que l’argile fait des reproches au potier (« ton œuvre n’a pas de mains »).

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