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II )
RETRAITE MCC CAREME
« Prière, Jeûne, Partage »
5-6 avril 2003
SYNTHESE DES ENSEIGNEMENTS
I - LE
CAREME (Père Jean NARAMOOTOO)
Origine
Le carême a été inventé pour les catéchumènes, en vue de les préparer au
baptême.
Cette pratique a été étendue aux baptisés, pour renouveler la
grâce du baptême.
Le prêtre refait alors, à la fin du carême, les trois gestes importants du
baptême :
l’eau, la lumière et la profession de Foi.
Le baptême est acté avec l’eau, le Saint-Chrême consacre, la confirmation
(l’ordination)
sont effectifs avec l’imposition des mains.
Etre consacré signifie être mis à part
pour une mission précise.
Objectif
Il s’agit de mettre à profit les quarante
jours du carême, pour se convertir, pour regarder Dieu en face et devenir
un homme nouveau.
La durée de quarante jours renvoie symboliquement aux quarante années
passées par le peuple Hébreu dans le désert.
Ce temps très long a permis de renouveler complètement une génération et
de faire un peuple nouveau (tout le peuple, sauf 2, meurent dans le
désert), au prix de nombreux combats (épisode du veau d’or).
Le carême est un temps pour se convertir (arrêter de tourner le dos à
Dieu, le regarder face à face). D’une manière générale, la pratique
chrétienne actuelle a tendance à trop privilégier la privation de
nourriture par rapport au changement du cœur, qui est essentiel.
En pratique, me demander à qui suis-je consacré, quelles sont mes idoles
cachées. Reconnaître que ce que j’ai vient du Seigneur. Une occasion de se
réconcilier.
II - L’ORAISON
IGNATIENNE (Père Jean)
Faite à
partir d’un texte biblique. L’exemple décrit une méthode, à partir
d’un exemple :
la phrase de Jésus à ses futurs disciples « Que cherchez-vous ? ».
Oraison de 20-40 mns en fonction de son temps disponible. Ce qui
est important, c’est prendre un RV avec Dieu
pour sa prière (jour, heure, lieu).
1. Signe de croix : je me mets en
présence du Seigneur. Je ne cherche pas des signes de Ta présence, je
crois.
2. Je lui demande la grâce de… (ex : Mieux connaître le désir
qui m’habite dans ma relation avec le Christ)
3. Composition de lieu :
je m’imagine auprès de Jean Baptiste sur les
berges du Jourdain. Je visualise la scène. Je vois les visages des
personnes, j’entends leurs paroles, leur respiration, je sens les diverses
odeurs…
4. Trois points dans
ma prière (je m’arrête sur ce qui a du goût pour moi) :
- J’écoute
et je regarde (2 hommes qui marchent derrière un autre…) –
Qu’est ce que je cherche ?
- « Rabbi
où demeures-tu ? » - Ils cherchent à demeurer avec lui
- « Venez
et vous verrez » - Jésus ne donne pas une réponse intellectuelle,
il faut faire soi-même l’expérience.
« Tentez l’expérience avec moi,
osez » semble nous dire Jésus.
5. Colloque : je parle avec Dieu « comme le font deux être qui
s’aiment »
6. Notre
Père
Quand la
prière est difficile, ce n’est pas grave, rester en silence tout
simplement.
L’aridité est aussi nécessaire.
Après la
prière, la relecture. S’interroger sur le comment ça s’est passé
(difficile, facile, lieu, distractions…), sur ce que j’ai ressenti
(joie, consolation, tristesse, incompréhension…),
est-ce ça me pousse à prendre une décision.
Si
possible, noter sur un petit cahier qq mots/phrases
(très utile pour aller de l’avant, on balise son chemin).
III - LA
PRIERE (Frère Rémy BERGERET)
Définition
Selon le
dictionnaire, prier, c’est s’adresser à Dieu.
La prière constitue une activité ancienne et ordinaire de l’Homme, qui le
différencie
de l’animal.
Ainsi, les premières traces religieuses concernent le soin apporté par les
hommes préhistoriques aux sépultures. Face à la mort, l’Homme se tourne
donc vers Dieu.
L’Homme est un être religieux, fait pour prier (St Augustin : « capax
Dei »).
La prière est « une respiration de l’âme ».
Pour Charles de Foucault, « Prier c’est penser à Dieu en l’aimant ».
La prière constitue donc une fonction essentielle de l’Homme, du chrétien
et de l’Eglise.
Cette charge est assurée par l’Eglise et soutenue par les communautés
religieuses de par le monde (à chaque seconde du jour ou de la nuit,
chaque jour de notre vie, on peut être en communion avec une communauté
monastique qui prie).
Pourquoi
La prière constitue l’une des quatre activités de base de l’église,
avec l’Eucharistie,
le Partage et la lecture de la Parole.
Nous prions parce que Jésus lui-même a prié et a transmis cette pratique à
ses disciples mais aussi parce que le Christ nous le demande.
Mais au-delà, la prière revêt une portée pédagogique : elle nous
transforme spirituellement
et psychologiquement, elle induit des guérisons en profondeur.
Comment
Toute prière chrétienne est centrée sur le Christ, et trinitaire. Un
cadre doit spécialement prier pour ceux dont il a la charge.
Formes : la prière peut-être collective ou individuelle (prière
personnelle ou oraison),
laissée à la discrétion de chacun.
Prière
collective : où est amour et charité, Dieu est présent. Il faut
veiller à un équilibre entre la louange et la demande d’intercessions.
Prier en se sachant exaucé, prier est un acte d’espérance.
Eléments
structurels :St Paul nous conseille de
« prier sans cesse », de profiter de tous les moments disponibles.
Il faut choisir le lieu, aménager
l’espace, avoir un minimum de silence
et de support. Quand c’est possible, choisir un texte (notre prière se
nourrit de la Parole de Dieu). Terminer par un Notre Père.
Conditions :
une certaine durée (au moins cinq minutes), une paix intérieure et
un contenu unique : Dieu.
Lieux et moments :A travers
la nature (la contemplation), à travers les évènements
(« les signes des temps »), à travers les personnes
(« le sacrement du Frère », les rencontres, des témoins)
Obstacles :
Notre peu de Foi, le doute, le péché, l’ennui et la tentation, les
distractions…
notre cinéma intérieur (la prière n’est pas introspection ou bavardage).
Décider fermement de consacrer X mns à la prière, et les choses se
mettent en place
(avec une pincée de persévérance).
Objet :Toute
prière s’adresse au Père, par le Fils, dans le St Esprit.
IV
- LE PARTAGE (Frère Remy)
Définition
Doctrine de la destination
universelle de tous les biens (Genèse 1) : tous les biens de la terre ont
été confiés à tous les hommes. Le partage est un acte positif de justice,
qui contribue à faire avancer le Royaume.
Etre
miséricordieux, c’est avoir un cœur capable de voir, de sentir la misère
de l’autre,
d’en être ému jusqu’au plus profond des tripes de réagir pour soulager un
peu cette misère (opposé de miséricorde = indifférence).
Le
partage, la solidarité va nous mettre en communion avec des personnes
auxquelles nous n’aurions pas pensé, si nous savons nous laisser toucher.
Le partage, sous quelle forme ?
-
Les biens
matériels dont nous pouvons nous désencombre : le superflu + ce qui
touche à notre nécessaire (et qui va nous coûter un peu)
-
Le don de
notre temps, de nos énergies : être attentif à l’autre, c’est lui
faire de la place dans ma vie, qu’il prenne sens dans mon existence
-
Se ménager des
espaces de gratuité, c’est vital. Des espaces où je puisse me
donner moi-même.
Avec la prière et le jeûne, le
partage est la condition d’un épanouissement total de mon être. A chaque
fois, Dieu est présent. L’objet du partage et du jeûne est de nous libérer
en profondeur du risque d’asservissement à l’argent et à l’égoïsme.
-
Partager les
responsabilités, avoir le souci du travail d’équipe.
La responsabilité d’un cadre est de faire croître
ceux dont on a la charge
(autorité vient de autoritas, lié à aumentare, augmenter)
-
Partager les
expériences spirituelles (comme les disciples d’Emmaüs qui
repartent aussitôt à Jérusalem)
-
Par le
témoignage de vie (attentions à autrui, qualité d’écoute…)
V - LE JEUNE (Père Jean)
Le jeûne est là pour montrer notre désir de vraiment changer (habitants de
Ninive). Il nous aide à nous voir avec lucidité, dans ce que nous sommes
vraiment. Il faut que notre cœur change, qu’il s’ouvre radicalement à
Dieu.
Le péché
dénature, il apporte une division en moi (Satan vient de Sheitan, celui
qui divise).
Le péché
me blesse (je ne blesse pas seulement les autres). Jésus vient me
rejoindre dans la boue de ma vie : il me purifie.
Le péché
est à comprendre comme la volonté de l’homme de ne devoir qu’à soi la
réalisation de son être. Je refuse de me situer devant Dieu et devant les
autres dans une relation d’amour. Au départ le péché » est choisi, ensuite
quand l’habitude s’installe,
« le Malin vous pousse du doigt seulement et vous glissez ».
Il y a là
un acte de liberté : je m’enferme ou je me libère. Il n’est pas une
infraction à la loi.
Parfois,
il faut arracher quelqu’un aux griffes du mal.
Le jeûne
est toujours un appel à la conversion, un appel à me réconcilier avec le
Père et
avec ceux qui m’entourent.
« Que
veux-tu que je fasse pour toi ? » me demande chaque matin le Seigneur. Il
faut être prêt, savoir immédiatement ce que l’on veut.
VI - LA PRIERE D’ALLIANCE (Père Jean)
Il
s’agit d’une prière pour gens très actifs : contempler Dieu dans l’action.
Devenir conscient de sa vie, et de la présence de Dieu en elle. Dieu et ma
vie.
Objectif : Ce type de prière m’aide :
1.
A mieux me
connaître, dans mes qualités et mes limites, dans mes possibilités.
Et à m’accepter.
2.
A grandir dans
ma relation avec l’autre. L’amitié, l’intimité grandit.
3.
A mieux
discerner, savoir quoi faire dans telle situation (comme Salomon, un cadre
a besoin de la sagesse)
Déroulement
Cette forme de prière dure de 7 à 10 mns, peut se faire le soir, le matin,
le midi, dans les embouteillages, en fumant un cigare… Elle s’articule en
trois temps :
1.
De toi à
moi
2.
De moi à
toi
3.
Nous deux
demain
1. De toi
à moi (2’)
Dans ma journée, il y a des petites choses qui manifestent que Dieu était
là, que j’ai pu réaliser parce que Dieu était là. Rendre grâce. Pour des
choses bien précises (et non en général), MERCI.
-
De moi à toi (1’)
Et moi, qu’est-ce que j’ai fait pour toi ?
Qu’est ce que je n’ai pas fait pour toi, donc pour l’autre, pour telle
personne que j’ai croisée, à qui j’ai parlé au téléphone, à qui j’ai
pensé… PARDON.
3. Nous deux demain (4’)
Le temps de prière le plus long. Demain, qu’est ce que nous allons faire
tous les deux ? Dans ce projet, dans cette réunion, comment allons nous
faire tous les deux ?
Comment allons-nous faire face ensemble, dans une optique de justice ?
Je ne tends pas la main à Dieu, je demande à Dieu de participer avec moi.
Un jour, ce sera lui qui me demandera de participer avec lui. S’IL TE
PLAIT.
Les gens
qui s’aiment, ils font des choses entre eux que les autres ne comprennent
pas.
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