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LES COMPTES-RENDUS
Page 1 :
I ) « Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de
tous
et le serviteur de tous.»
II )
L’humilité
III ) Comment concilier matérialité et
spiritualité ?
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I )
- 11 juillet
2007 - équipe ''la Montagne'': « Si quelqu'un veut être le premier,
qu'il soit le dernier de
tous et le serviteur de tous.»
-
Lecture de l’Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc
9,30-37:
En partant
de là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait
pas qu'on le sache. Car il les instruisait en disant : « Le Fils de
l'homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours
après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas
ces paroles et ils avaient peur de l'interroger. Ils arrivèrent à
Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi
discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, sur la route, ils
avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
S'étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit :
''Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et
le serviteur de tous'' Prenant alors un enfant, il le plaça au
milieu d'eux, l'embrassa, et leur dit :
« Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il
accueille.
Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a
envoyé. »
-
Echanges :
L’essentiel des maux du
monde se ramène à un problème d’ego (jalousie, rancune…), au fait que
l’on soit centré sur soi. L’ambition, lorsqu’elle est au service des
autres est positive.
Mais l’orgueil nous dessert et doit être combattu.
Le
combat contre l’orgueil ? C’est une lutte de chaque instant.
Car l’ego transpire. Et notre environnement ne nous aide par à le
combattre. Le pouvoir, notamment, est un ennemi redoutable. Que faire en
cas de lutte de pouvoir ? Que faire face à des personnes qui ne
raisonnent qu’en terme de rapport de force ? Se laisser dominer ? Ou
chercher nous aussi à dominer l’autre, à prendre le pouvoir sur
l’autre ?
Nous retirer de la
relation à l’autre de peur de devoir choisir entre lui et nous n’est pas
non plus une solution : Jésus disait à ses disciples :
« Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du
monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l'on
n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur
le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De
même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, en voyant ce
que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux
cieux. »
Nous devons donc être
actifs et jouer notre rôle. Mais lequel ?
Comment ne pas nous laisser entraîner dans des conditionnements
(violence, pouvoir, domination…) que nous ne cautionnons pas et que nous
savons être néfastes pour nous-même et pour les autres ?
Il ne faut pas confondre
la confiance en soi et l’orgueil. La confiance en soi n’empêche pas
l’humilité alors que l’orgueil mène à l’envie, la comparaison à l’autre,
la négation de l’autre. Mais comment croire en soi, à sa juste valeur,
sans risquer de se surestimer ?
Quelle est notre « juste valeur » ?
Par ailleurs, on a besoin de reconnaissance.
L’estime de soi est une
coquille vide, une carapace.
Alors que la foi en soi mène à la paix intérieure.
Les gens qui sont en paix avec eux-mêmes sont en paix avec les autres.
Nous devons avoir foi en nous, en notre qualité d’enfant de Dieu,
qui vaut plus que ce que les autres peuvent en penser. L’objectif n’est
pas d’être le dernier, mais d’être soi.
Les années amènent un
polissage de l’orgueil et la vie se charge de nous donner des leçons
d’humilité. Lorsque le contrôle de notre vie nous échappe, il ne
nous reste plus qu’à lâcher prise, nous abandonner entre les mains de
Dieu :
« Seigneur, je m’abandonne à toi. Fais de moi
ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie. »
Comment être le
serviteur de l’autre, quand l’autre est un ennemi ?
Jésus
nous demande d’aimer (« Tu aimeras ton prochain comme toi-même »)
et d’aimer les autres.
Il nous demande de nous mettre au service des autres, de ne pas être
centré sur soi,
de penser à l’autre avant soi-même.
Il est difficile de nous
mettre au service des autres, d’aider les autres de manière
désintéressée, sans rien attendre en retour.
Viser
la dernière place, celle du serviteur est difficile dans notre société :
c’est contraire à l’éducation
(il faut être le premier à l’école). Demander à un enfant
d’être le premier n’a pas d’autre intérêt que de flatter son ego et
celui de ses parents. En revanche, il n’y a pas de contre indication à
lui demander de donner le meilleur de lui-même. Nous devons tous donner
le meilleur de nous-mêmes, nous dépasser, aller au-delà de nos limites,
utiliser au mieux nos talents. L’ambition est un bon moteur, tant
qu’il est au service de Dieu
(et donc des autres). Pour le savoir, il faut donc se poser
cette question :
« Je veux donner le meilleur de moi-même, dépasser mes limites. Mais
pour qui et pour quoi ? Est-ce le projet de Dieu ou est-ce mon projet ?»
C’est
aussi contraire au fonctionnement de l’entreprise (performance,
concurrence). Comment concilier l’enseignement de l’évangile avec le
système de référence et les contraintes de notre société et notre
époque ? Certains métiers permettent plus facilement la mise en pratique
de nos valeurs (social, humanitaire…). Nous traversons une crise de
sens. La performance a tué la notion du service, ancrée jusque
dans les mots
(magistrat = le plus grand des petits ; ministre = le plus petit des
petits).
« Que faire quand, face
à ma bulle (de belles valeurs), j’ai en face de moi un pitbull ?
Que faire quand l’autre est un enfoiré ?… oui, mais l’autre est un
enfant de Dieu ! ».
Il faut commencer par le bénir et lui souhaiter du bien :
être bienveillant, ne pas le juger, se mettre à sa place et encore
mieux,
louer le seigneur pour son œuvre
(il a aussi créé les pitbulls). Mais en faisant ça, on perd sa
sécurité,
on prend le risque de souffrir dans sa chair : nous ne sommes pas
propriétaires de notre
corps et de notre esprit. Nous en sommes dépositaires.
Qu’il est difficile
d’aimer, de donner ! Que c’est douloureux ! (Il est du reste plus facile
de donner des biens matériels que de lâcher ses convictions). Et
pourtant, lorsque l’on est
au service des autres, qu’on aide les autres, on est récompensé au
centuple.
On reçoit de l’AMOUR, de la PAIX, de la JOIE en retour.
Les fruits du don sont les plus doux et les plus merveilleux !
La prière nous aide à
cheminer sur la voie du don, du pardon et de l’amour. S’en remettre
à Dieu dans la prière est parfois la seule issue pour ne pas succomber
dans l’épreuve.
En priant, on se laisse façonner par Dieu, plier comme un roseau par le
souffle de Dieu. Le manque de foi conduit à la détresse que vit la
France aujourd’hui
(consommation d’antidépresseurs, suicide…).
Le pardon nous rapproche
de Dieu.
Poser un regard de bienveillance sur l’autre,
un regard d’enfant. On peut faire du mal à l’autre sans le vouloir :
demander pardon
(à son enfant, par exemple) et pardonner à l’autre le mal qu’il nous a
fait.
-
"Etre grand ou petit ?"
de Fabrice Hadjadj (Pièce de théâtre sur saint François-Xavier)
[Rencontre plutôt fraîche entre les deux étudiants en
Sorbonne : Ignace de Loyola et François Xavier. Ignace est arrivé à
Paris pour faire des études à l'université. Il partage
sa chambre avec deux autres étudiants : Pierre Favre et François-Xavier.
François-Xavier fait ses études en vue d'obtenir un haut rang dans l'Eglise,
un rang digne
de sa famille. Il est également un grand sportif : il fait du saut en
hauteur. Plus tard
Ignace dira de François-Xavier qu'il était la pâte la plus dure qu'il
n'ait jamais rencontrée !
Récit d'une rencontre entre ces deux étudiants, vu et
imaginé par Fabrice Hadjadj.]
IGNACE DE LOYOLA – Maître François, comme je suis heureux
de vous voir !
FRANÇOIS-XAVIER – Pas moi. Et je ne vous cacherai pas que d’avoir à
partager cette chambre seul avec vous m’indispose.
IGNACE DE LOYOLA – Oh ! je ne vous importunerai pas plus longtemps. Je
m’en allais.
C’est bientôt l’heure des vêpres.
FRANÇOIS-XAVIER – Bon vent ! allez prier pour le salut de mon âme.
IGNACE DE LOYOLA – Je n’y manquerai pas…Au fait, je voulais vous
féliciter pour votre nouvel exploit de saut en hauteur.
FRANÇOIS-XAVIER – Vous étiez sur l’île Notre-Dame ?
IGNACE DE LOYOLA – Parmi la foule je vous ai applaudi. […]
[Suite
à sa blessure reçue au siège de Pampelune, Ignace vit une conversion
intérieure profonde : il renonce à être chevalier et choisit d’être “
chevalier de la Croix ”.]
IGNACE
DE LOYOLA – Maître François, à ce sujet, votre ignare de Loyola aurait
une question à vous poser […]IGNACE DE LOYOLA – Nos docteurs en Sorbonne
nous enseignent que l’orgueil est le vice qui engendre tous les autres
Et notre pire ennemi.
FRANÇOIS-XAVIER – C’est vrai.
IGNACE DE LOYOLA – Dites-moi donc : celui qui arrive à
vaincre son orgueil, à se vaincre
soi même pour reconnaître qu’il n’est rien que par Dieu, Celui-là est-il
faible ou fort,
Grand ou petit ?
FRANÇOIS-XAVIER – Il est fort et grand puisqu’il a vaincu l’ennemi le
plus redoutable.
IGNACE DE LOYOLA – Mais vaincre son orgueil, n’est-ce pas se faire petit
? N’est-ce pas
se faire toujours plus petit, minuscule, Un pou, Une puce du Tout-Puissant
? Alors être
grand c’est se faire petit, et réciproquement.
Etre vaincu par Dieu, c’est être plus que vainqueur.
Etre terrassé par le Très-haut c’est sauter infiniment plus haut Que par
ses propres forces. […]
IGNACE DE LOYOLA – François... Vous pouvez très bien être docteur et
rester simple, riche
et rester pauvre de coeur, évêque et rester humble sous la chape cousue
d’or.
Si vous êtes assez fort pour que cela ne vous tourne pas la tête.
C’est peut-être cela le plus difficile. Parce que pour nous, orgueilleux
que nous sommes, Le chemin le plus dur n’est pas celui qui monte Mais
celui qui descend. Et il faudra bien descendre un jour, Tout à l’heure,
dans un trou de terre meuble, Alors que restera-t-il ?
A quoi sert de
gagner le monde si l’on vient à perdre son âme ?
FRANÇOIS-XAVIER – A quoi sert de gagner le monde ? Mais cela sert à tout
!
IGNACE DE LOYOLA – A tout perdre, tout à l’heure. On se gonfle en
baudruche, d’autant plus gros qu’on est plus vide, d’autant plus
volumineux qu’on éclatera plus fort.
On est comme le bétail qu’on gave, qui engraisse et dans son saindoux se
réjouit sans comprendre. […] Sans voir que c’est pour l’abattoir. Pour
l’abattoir, François, Car on a oublié Celui qui est Et sa Vie qui seule
est éternelle. […]Le chemin le plus dur est celui qui descend.
Descendez, François, mais descendez bien ! Le plus dur n’est peut-être
pas d’être modeste, mais d’avoir assez d’ambition, Assez d’ambition pour
faire craquer notre suffisance, Assez d’ambition pour ne demander rien
de moins que tout. Mais nous sommes mesquins, François, Nous demandons
quelque chose et toujours moins que tout : une brioche pour notre quatre
heures, un oreiller pour notre nuque raide… Nous demandons à Dieu moins
que Lui-même, Nous demandons que la blessure se ferme au lieu qu’elle se
distende aux dimensions du monde, Qu’elle écarte ses bords comme des
lèvres qui crient, Qu’elle s’ouvre, cette méchante plaie, Qu’elle
s’ouvre encore immense comme un ciel noir qui se déchire et
laisse soudain passer la lumière…
FRANÇOIS-XAVIER – Descendre ? C’est vrai que j’ai peur de descendre,
moi. C’est vrai que moi, j’ai peur de demander tout et de risquer de
perdre quelque chose. J’ai peur, moi, que mes jambes soient brisées…Peur
de mourir, moi… Peur de moi me perdre…
Peur d’être dépossédé mais alors peur de m’attacher aussi, peur de
m’attacher aujourd’hui par peur d’être dépossédé demain…
Je ne sais plus ce que je dois choisir. Monter ? descendre ? sauter ?
boiter ? Descendre ?
Comment aurais-je la force de descendre ?
IGNACE DE LOYOLA – Il y a quelqu’un qui nous a précédés tout au fond,
François,
Qui nous a devancés
tout au fin fond de la détresse Et qui tout en bas a jeté son ciel Et dans
la fosse de notre misère, Sa Miséricorde… Avec cette Croix, il
nous offre tout. Avec cette Croix qui nous tend de toutes parts à
l’extrême Et qui joint le ciel et la terre et l’orient et l’occident…
FRANÇOIS-XAVIER – Ignace, vous me donnez envie de vous casser l’autre
jambe.
IGNACE DE LOYOLA – Il est déjà tard. Avec ce sautillement obligé,
je m’en vais à l’office du soir.
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II )
- 22 août 2007, équipe le
Montagne
Thème : L’humilité
Le thème
de l’humilité a été choisi suite à la lecture d’un livre fort par
Nathalie :
« L’humilité » de Dom André Louf.
Résumé du livre : Parler
d’humilité n’est pas chose facile, particulièrement aujourd’hui. Tous nos
grands « maîtres du soupçon » ont voulu la mettre en cause. Aux yeux de
Nietzsche, l’humilité est le grand mensonge des faibles qui transforment
ainsi astucieusement leur lâcheté en apparente vertu. Pour Freud, elle est
une variante masochiste du complexe de culpabilité. Pour Adler, elle
voisine avec le sentiment d’infériorité. Leurs interprétations ont laissé
des traces dans notre culture moderne. Comment faire honneur à la dernière
place selon l’évangile, dans une société impressionnée par les golden
boys ? Pourtant, Ruusbroeck le pressentait déjà : « Etre plongé dans
l’humilité, c’est être plongé en Dieu,
car Dieu est le fond de l’abîme… L’humilité obtient des choses trop hautes
pour être enseignées ; elle atteint et possède ce que la parole n’atteint
pas. »
Dom André Louf explique qu’il n’y a pas de
vertu sans tentation. La tentation est donc utile : « Supprimez la
tentation, et personne ne sera sauvé ! ». La tentation permet la prise de
conscience à la fois de la faiblesse vertigineuse des pêcheurs en
puissance que nous sommes, et de la force douce et délicate, mais
finalement irrésistible de la grâce.
La tentation nous fait dire : « Seigneur, que
je suis faible sans toi, et fort avec toi. Et malgré mes faiblesses, ma
petitesse, mes péchés… tu m’AIMES ! ».
L’incomparable délicatesse de Dieu peut être
comparée au tendre jeu qui s’instaure entre une mère et son petit enfant,
dans le but d’accélérer le développement de celui-ci jusqu’à l’âge
adulte. « Elle porte longtemps son bébé dans ses bras jusqu’à ce qu’enfin.
D’abord, elle le laisse ramper. Puis, elle le dresse, et le soutient de la
main droite pour qu’il apprenne à poser les pieds l’un devant l’autre.
Bientôt, elle l’abandonne un instant ; mais le voit-elle chanceler, vite
elle le prend, soutient ses pas hésitants, le relève s’il est tombé, ou le
retient dans sa chute, ou bien au contraire le laisse tomber doucement,
pour le relever ensuite… ».
C’est de la sorte que le père céleste agit avec chacun de nous.
Humilité vient de humus (la terre, l’enracinement). Grâce à
l’humilité, on peut aller au plus profond de soi. La graine d’amour peut
germer. Luc 8 : « Un semeur sortit pour semer sa
semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du
chemin: elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent.
Une autre partie tomba sur le roc: quand elle fut levée, elle sécha, parce
qu'elle n'avait point d'humidité. Une autre partie tomba au milieu des
épines: les épines crûrent avec elle, et l'étouffèrent. Une autre partie
tomba dans la bonne terre: quand elle fut levée, elle donna du fruit au
centuple. Après avoir ainsi parlé, Jésus dit à haute voix: Que celui qui a
des oreilles pour entendre entende! »
Humilité : image de s’agenouiller, de s’abaisser devant les autres (comme
la pécheresse qui essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux). C’est le
contraire de l’orgueil (sentiment exagéré qu’une personne a de sa valeur,
de son importance, sentiment de supériorité).
L’humilité, on l’apprend avec les années, avec
les claques (nécessairement). C’est comme une nouvelle peau. Ce n’est pas
refuser de grandir. Au contraire : c’est accepter de mourir pour renaître.
C’est redescendre du haut de sa suffisance pour se mettre au niveau de
l’autre.
L’humilité, c’est tout sauf de la faiblesse.
L’humble est le plus fort, non pas par lui-même, mais par l’amour de Dieu
dont il est rempli et qui rayonne en lui. Tendre la joue réclame de la
force, car il faut lutter contre son orgueil.
« Cultiver l'humilité revient à
cultiver l'hypocrisie. L'humble n'a pas conscience de son humilité »,
disait Gandhi.
Etre humble, ce
n’est pas s’effacer, être passif, renoncer. On peut être humble, comme
Gandhi, et en même temps se battre pour une cause, être dans l’action.
L’humilité, c’est
un état d’esprit. L’humble se considère égal à son prochain, ni supérieur,
ni inférieur. C’est une vertu qui garantit dès le départ une relation
vraie. Dans l’humilité, il y a une certaine sagesse.
C’est le manque
d’humilité qui a détourné Adam et Eve de Dieu. Ils voulaient être aussi
puissants que Dieu et avaient la prétention de pouvoir se passer de Dieu.
Quelles démarches
d’humilité ? -
Le pardon, l’adoration
-
La purification du cœur, la libération
intérieure
-
Le lâcher prise : laisser tomber les
barrières, les résistances, laisser la porte ouverte pour que l’autre
puisse accéder à soi
-
L’amour de l’autre
-
Prendre le temps de la réflexion avant de
juger l’autre : n’aurais-je pas agi comme lui si j’avais été à sa place ?
N’aurais pas moi aussi eu cette faiblesse ? Suis-je vraiment à l’abri ?
« Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre… »
-
La prière :
demander à être libérer du mauvais, demander l’aide de Dieu
dans notre combat contre le mal
-
La messe : un
moment privilégié pour vivre l’humilité : que de témoignages d’humilité
dans les évangiles. En écoutant la parole de Dieu, on participe à la
grande humilité, la grande humiliation de Dieu. Le grand pardon aussi :
« Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »
-
Il ne s’agit pas
de faire des efforts volontaristes. Il s’agit de se laisser habiter par
Dieu. Nous sommes ce que nous sommes. Et Dieu le sait. La culpabilité
(liée au péché) est probablement liée à l’idée fausse selon laquelle c’est
par notre volonté que nous deviendrons « meilleurs », et donc nous nous
sentons « coupables » de ne pas avoir fait assez « d’efforts ». Or, c’est
Dieu qui fait le travail ! Il ne s’agit pas de « vouloir » au sens d’un
effort volontariste intérieur. Il s’agit simplement de se laisser habiter
par Dieu. De se reposer entre ses mains !
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III ) -
réunion MCC du 19 septembre 2007 - équipe la Montagne
Thème : Comment concilier matérialité et spiritualité ?
Problématique :
Dans le monde dans lequel nous vivons, il peut nous arriver d’être
tiraillé
(comme un élastique) entre la lourdeur et les contraintes de la matière,
et l’élévation spirituelle
à laquelle notre âme aspire. Notre environnement matériel, notre
incarnation dans la matière (embouteillages, insécurité, violence,
relations humaines conflictuelles, contraintes et contrariétés de
toutes sortes…) n’est pas propice à l’élévation spirituelle.
Qu’il est difficile de se tourner vers Dieu !
Un exemple concret : l’argent. Quand
cesse-t-on d’adorer Dieu et passe t-on du côté de Mammon ?
L’âme et le corps sont deux entités bien
différentes. L’une est éternelle, l’autre est temporel.
Si l’âme est appelée à s’élever, à quoi sert ce passage sur Terre ? La
matière, non seulement
ne nous aide pas à nous élever, mais nous emprisonne. L’enfer, c’est
sur Terre.
Le spirituel et le
matériel sont intimement liés et l’un a besoin de l’autre.
La prière s’exprime aussi à travers le corps.
Nous n’avons pas à
choisir. Mes plus grandes joies sont liées à des choses
immatérielles : amour des autres, regards, rires, joies des petits et
des grands, rencontres avec des hommes et des femmes… Bref, l’Humain
dans ce qu’il porte en lui de plus beau et de plus grand : l’AMOUR.
Je ne trouve pas mon bonheur en courant après les choses matérielles.
La société de
consommation m’a étourdi à un moment de ma vie. J’ai été déçu par
cette course incessante après l’argent, le « toujours plus ». La
spiritualité que j’ai découvert dans d’autres pays, où les gens ne
possédaient pas grand chose, m’a ébloui. Notamment à Bali, où Dieu est
présent dans le quotidien de chacun : ils passent un temps fou et
mettent beaucoup d’amour et d’attention
à confectionner des offrandes à Dieu, à décorer leurs temples. L’adoration
de Dieu passe par des petites choses, des attentions. Bali a su
concilier matériel et spiritualité.
Exemple de Bouddha : c’est la rencontre
de la matérialité qui a déclenché son chemin spirituel.
Exemple de l’Inde : Au-delà de leur
pauvreté, ils ont énormément à donner.
Dieu est Amour. Dieu
ne nous demande pas de nous détacher des choses matérielles.
Car ce n’est pas le matériel qui nous empêche de le rejoindre. Dieu nous
demande rien d’autre
que d’AIMER, de faire un pas de plus vers l’amour chaque jour. L’amour de
soi, l’amour des autres, l’amour de la Terre, de la nature… L’AMOUR
doit être au centre de nos vies, guider nos pensées, nos paroles, nos
actions. Quel challenge ! Le matériel ne constitue pas une entrave à
cette quête : on peut aimer à la fois Dieu et l’argent (et les
plaisirs procurés par la vie matérielle),
mais Dieu doit être une PRIORITE.
Le matériel m’aide
à progresser dans la spiritualité : c’est une école d’amour. Tout ce
sur quoi je bute, j’accroche, est ce qui me fait progresser.
Mathieu 6, 19-21 : le
vrai trésor - Mathieu 19, 16-22 : le jeune homme riche
Le matériel peut nous
emprisonner si on est dépendant.
Notre religion est
vivante grâce à la prière, à l’Esprit Saint qui nous guide. Il faut
faire un pas vers Dieu, prier, aller à la messe, lire la Bible, faire
une retraite… mais pas seul
(accompagnateur spirituel).
Que fait-on sur
Terre ? On a chacun une mission, une histoire.
Ce qui est important, c’est d’être debout, libre (dépasser ses
souffrances, son passé).
Le premier miracle de Jésus : transformer 600 litres d’eau en vin !
Le fait de n’avoir pas à se soucier du
matériel (avoir un minimum de confort), d’être libéré de certains
besoins nous permet d’être plus disponible pour Dieu.
Les Saints n’ont pas toujours été pauvres.
Nous ne sommes pas appelés au même degré de radicalité que Charles de
Foucauld, François d’Assise…
Dieu est présent
partout, même dans la vie et le cœur des gens qui n’ont rien (sourires
dans les bidonvilles…). Il n’attend pas
qu’on ait le ventre plein pour nous
remplir ! Et quand on n’a rien, même pas de quoi vivre, il nous reste
toujours quelque chose à donner : de l’amour.
Sainte Thérèse mettait tout son amour dans
chacun de ses gestes quotidiens, chaque pensée, chaque regard.
Nous avons une double citoyenneté :
passeport du ciel et passeport de la Terre.
Quel est le
sens de notre vie ? La réponse à cette question est essentielle.
Ouvrons nos esprits
et nos cœurs et soyons à l’écoute de Dieu. Soyons attentifs aux signes,
aux clins d’oeil (souvent humoristiques) de Dieu ! Et gardons le
sourire ! (La vie est un jeu !)
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