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LES COMPTES-RENDUS

Page 1 :
I )
« Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous
 et le serviteur de tous.»
II )
L’humilité
III ) Comment concilier matérialité et spiritualité ?

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I ) - 11 juillet 2007 -  équipe ''la Montagne'': « Si quelqu'un veut être le premier,
 qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous.»

  1. Lecture de l’Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,30-37:

En partant de là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu'on le sache. Car il les instruisait en disant : « Le Fils de l'homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l'interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
 S'étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit :
 ''Si quelqu'un veut être le premier, qu'il soit le dernier de tous et le serviteur de tous'' Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d'eux, l'embrassa, et leur dit :
 « Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille.
 Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé. »

  1. Echanges :

L’essentiel des maux du monde se ramène à un problème d’ego (jalousie, rancune…), au fait que l’on soit centré sur soi. L’ambition, lorsqu’elle est au service des autres est positive.
Mais l’orgueil nous dessert et doit être combattu.
Le combat contre l’orgueil ? C’est une lutte de chaque instant. Car l’ego transpire. Et notre environnement ne nous aide par à le combattre. Le pouvoir, notamment, est un ennemi redoutable. Que faire en cas de lutte de pouvoir ? Que faire face à des personnes qui ne raisonnent qu’en terme de rapport de force ? Se laisser dominer ? Ou chercher nous aussi à dominer l’autre, à prendre le pouvoir sur l’autre ?

Nous retirer de la relation à l’autre de peur de devoir choisir entre lui et nous n’est pas non plus une solution : Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l'on n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, en voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

Nous devons donc être actifs et jouer notre rôle. Mais lequel ? Comment ne pas nous laisser entraîner dans des conditionnements (violence, pouvoir, domination…) que nous ne cautionnons pas et que nous savons être néfastes pour nous-même et pour les autres ? 

Il ne faut pas confondre la confiance en soi et l’orgueil. La confiance en soi n’empêche pas l’humilité alors que l’orgueil mène à l’envie, la comparaison à l’autre, la négation de l’autre. Mais comment croire en soi, à sa juste valeur, sans risquer de se surestimer ?
Quelle est notre « juste valeur » ?
 Par ailleurs, on a besoin de reconnaissance.

L’estime de soi est une coquille vide, une carapace.
 Alors que la foi en soi mène à la paix intérieure.
Les gens qui sont en paix avec eux-mêmes sont en paix avec les autres.
 Nous devons avoir foi en nous,  en notre qualité d’enfant de Dieu, qui vaut plus que ce que les autres peuvent en penser. L’objectif n’est pas d’être le dernier, mais d’être soi.

Les années amènent un polissage de l’orgueil et la vie se charge de nous donner des leçons d’humilité. Lorsque le contrôle de notre vie nous échappe, il ne nous reste plus qu’à lâcher prise, nous abandonner entre les mains de Dieu :
« Seigneur, je m’abandonne à toi. Fais de moi ce qu’il te plaira.
 Quoi que tu fasses de moi, je te remercie. »

Comment être le serviteur de l’autre, quand l’autre est un ennemi ?
 Jésus
nous demande d’aimer (« Tu aimeras ton prochain comme toi-même ») et d’aimer les autres.  Il nous demande de nous mettre au service des autres, de ne pas être centré sur soi,
de penser à l’autre avant soi-même.

Il est difficile de nous mettre au service des autres, d’aider les autres de manière désintéressée, sans rien attendre en retour.

Viser la dernière place, celle du serviteur est difficile dans notre société :
c’est contraire à l’éducation
 (il faut être le premier à l’école). Demander à un enfant d’être le premier n’a pas d’autre intérêt que de flatter son ego et celui de ses parents. En revanche, il n’y a pas de contre indication à lui demander de donner le meilleur de lui-même. Nous devons tous donner le meilleur de nous-mêmes, nous dépasser, aller au-delà de nos limites, utiliser au mieux nos talents. L’ambition est un bon moteur, tant qu’il est au service de Dieu
 (et donc des autres). Pour le savoir, il faut donc se poser cette question :
« Je veux donner le meilleur de moi-même, dépasser mes limites. Mais pour qui et pour quoi ? Est-ce le projet de Dieu ou est-ce mon projet ?»

C’est aussi contraire au fonctionnement de l’entreprise (performance, concurrence). Comment concilier l’enseignement de l’évangile avec le système de référence et les contraintes de notre société et notre époque ? Certains métiers permettent plus facilement la mise en pratique de nos valeurs (social, humanitaire…). Nous traversons une crise de sens. La performance a tué la notion du service, ancrée jusque dans les mots
 (magistrat = le plus grand des petits ; ministre = le plus petit des petits).

« Que faire quand, face à ma bulle (de belles valeurs), j’ai en face de moi un pitbull ?
Que faire quand l’autre est un enfoiré ?… oui, mais l’autre est un enfant de Dieu ! »
.
Il faut commencer par le bénir et lui souhaiter du bien :
 être bienveillant, ne pas le juger, se mettre à sa place et encore mieux,
louer le seigneur pour son œuvre
(il a aussi créé les pitbulls). Mais en faisant ça, on perd sa sécurité,
on prend le risque de souffrir dans sa chair : nous ne sommes pas propriétaires de notre
 corps et  de notre esprit. Nous en sommes dépositaires.

Qu’il est difficile d’aimer, de donner ! Que c’est douloureux ! (Il est du reste plus facile de donner des biens matériels que de lâcher ses convictions). Et pourtant, lorsque l’on est
au service des autres, qu’on aide les autres, on est récompensé au centuple.
 On reçoit de l’AMOUR, de la PAIX, de la JOIE en retour.
Les fruits du don sont les plus doux et les plus merveilleux !

La prière nous aide à cheminer sur la voie du don, du pardon et de l’amour. S’en remettre
à Dieu dans la prière est parfois la seule issue pour ne pas succomber dans l’épreuve.
En priant, on se laisse façonner par Dieu, plier comme un roseau par le souffle de Dieu.
Le manque de foi conduit à la détresse que vit la France aujourd’hui
 (consommation d’antidépresseurs, suicide…).

Le pardon nous rapproche de Dieu. Poser un regard de bienveillance sur l’autre,
 un regard d’enfant. On peut faire du mal à l’autre sans le vouloir : demander pardon
 (à son enfant, par exemple) et pardonner à l’autre le mal qu’il nous a fait.

  1. "Etre grand ou petit ?" de Fabrice Hadjadj (Pièce de théâtre sur saint François-Xavier)

[Rencontre plutôt fraîche entre les deux étudiants en Sorbonne : Ignace de Loyola et François Xavier. Ignace est arrivé à Paris pour faire des études à l'université. Il partage
 sa chambre avec deux autres étudiants : Pierre Favre et François-Xavier.
François-Xavier fait ses études en vue d'obtenir un haut rang dans l'Eglise, un rang digne
 de sa famille. Il est également un grand sportif : il fait du saut en hauteur. Plus tard
Ignace dira de François-Xavier qu'il était la pâte la plus dure qu'il n'ait jamais rencontrée !

Récit d'une rencontre entre ces deux étudiants, vu et imaginé par Fabrice Hadjadj.]

IGNACE DE LOYOLA – Maître François, comme je suis heureux de vous voir !
FRANÇOIS-XAVIER – Pas moi. Et je ne vous cacherai pas que d’avoir à partager cette chambre seul avec vous m’indispose.
IGNACE DE LOYOLA – Oh ! je ne vous importunerai pas plus longtemps. Je m’en allais.
C’est bientôt l’heure des vêpres.
FRANÇOIS-XAVIER – Bon vent ! allez prier pour le salut de mon âme.
IGNACE DE LOYOLA – Je n’y manquerai pas…Au fait, je voulais vous féliciter pour votre nouvel exploit de saut en hauteur.
FRANÇOIS-XAVIER – Vous étiez sur l’île Notre-Dame ?
IGNACE DE LOYOLA – Parmi la foule je vous ai applaudi. […]
[Suite à sa blessure reçue au siège de Pampelune, Ignace vit une conversion intérieure profonde : il renonce à être chevalier et choisit d’être “ chevalier de la Croix ”.]
IGNACE DE LOYOLA – Maître François, à ce sujet, votre ignare de Loyola aurait une question à vous poser […]IGNACE DE LOYOLA – Nos docteurs en Sorbonne nous enseignent que l’orgueil est le vice qui engendre tous les autres Et notre pire ennemi.
FRANÇOIS-XAVIER – C’est vrai.

IGNACE DE LOYOLA – Dites-moi donc : celui qui arrive à vaincre son orgueil, à se vaincre
 soi même pour reconnaître qu’il n’est rien que par Dieu, Celui-là est-il faible ou fort,
Grand ou petit ?
FRANÇOIS-XAVIER – Il est fort et grand puisqu’il a vaincu l’ennemi le plus redoutable.
IGNACE DE LOYOLA – Mais vaincre son orgueil, n’est-ce pas se faire petit ? N’est-ce pas
 se faire toujours plus petit, minuscule, Un pou, Une puce du Tout-Puissant ? Alors être
grand c’est se faire petit, et réciproquement.
 Etre vaincu par Dieu, c’est être plus que vainqueur.
 Etre terrassé par le Très-haut c’est sauter infiniment plus haut Que par ses propres forces. […]
IGNACE DE LOYOLA – François... Vous pouvez très bien être docteur et rester simple, riche
 et rester pauvre de coeur, évêque et rester humble sous la chape cousue d’or.
Si vous êtes assez fort pour que cela ne vous tourne pas la tête. C’est peut-être cela le plus difficile. Parce que pour nous, orgueilleux que nous sommes, Le chemin le plus dur n’est pas celui qui monte Mais celui qui descend. Et il faudra bien descendre un jour, Tout à l’heure, dans un trou de terre meuble, Alors que restera-t-il ?
 A quoi sert de gagner le monde si l’on vient à perdre son âme ?
FRANÇOIS-XAVIER – A quoi sert de gagner le monde ? Mais cela sert à tout !
IGNACE DE LOYOLA – A tout perdre, tout à l’heure. On se gonfle en baudruche, d’autant plus gros qu’on est plus vide, d’autant plus volumineux qu’on éclatera plus fort.
 On est comme le bétail qu’on gave, qui engraisse et dans son saindoux se réjouit sans comprendre. […] Sans voir que c’est pour l’abattoir. Pour l’abattoir, François, Car on a oublié Celui qui est Et sa Vie qui seule est éternelle. […]Le chemin le plus dur est celui qui descend. Descendez, François, mais descendez bien ! Le plus dur n’est peut-être pas d’être modeste, mais d’avoir assez d’ambition, Assez d’ambition pour faire craquer notre suffisance, Assez d’ambition pour ne demander rien de moins que tout. Mais nous sommes mesquins, François, Nous demandons quelque chose et toujours moins que tout : une brioche pour notre quatre heures, un oreiller pour notre nuque raide… Nous demandons à Dieu moins que Lui-même, Nous demandons que la blessure se ferme au lieu qu’elle se distende aux dimensions du monde, Qu’elle écarte ses bords comme des lèvres qui crient, Qu’elle s’ouvre, cette méchante plaie, Qu’elle s’ouvre encore immense comme un ciel noir qui se déchire et
 laisse soudain passer la lumière…
FRANÇOIS-XAVIER – Descendre ? C’est vrai que j’ai peur de descendre, moi. C’est vrai que moi, j’ai peur de demander tout et de risquer de perdre quelque chose. J’ai peur, moi, que mes jambes soient brisées…Peur de mourir, moi… Peur de moi me perdre…
Peur d’être dépossédé mais alors peur de m’attacher aussi, peur de m’attacher aujourd’hui par peur d’être dépossédé demain…
Je ne sais plus ce que je dois choisir. Monter ? descendre ? sauter ? boiter ? Descendre ?
Comment aurais-je la force de descendre ?
IGNACE DE LOYOLA – Il y a quelqu’un qui nous a précédés tout au fond, François,
Qui nous a devancés
 tout au fin fond de la détresse Et qui tout en bas a jeté son ciel Et dans la fosse de notre misère,  Sa Miséricorde… Avec cette Croix, il nous offre tout. Avec cette Croix qui nous tend de toutes parts à l’extrême Et qui joint le ciel et la terre et l’orient et l’occident…
FRANÇOIS-XAVIER – Ignace, vous me donnez envie de vous casser l’autre jambe.
IGNACE DE LOYOLA – Il est déjà tard. Avec ce sautillement obligé,
 je m’en vais à l’office du soir.
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II ) - 22 août 2007, équipe le Montagne
Thème : L’humilité

Le thème de l’humilité a été choisi suite à la lecture d’un livre fort par Nathalie :
 « L’humilité » de Dom André Louf.

Résumé du livre : Parler d’humilité n’est pas chose facile, particulièrement aujourd’hui. Tous nos grands « maîtres du soupçon » ont voulu la mettre en cause. Aux yeux de Nietzsche, l’humilité est le grand mensonge des faibles qui transforment ainsi astucieusement leur lâcheté en apparente vertu. Pour Freud, elle est une variante masochiste du complexe de culpabilité. Pour Adler, elle voisine avec le sentiment d’infériorité. Leurs interprétations ont laissé des traces dans notre culture moderne. Comment faire honneur à la dernière place selon l’évangile, dans une société impressionnée par les golden boys ? Pourtant, Ruusbroeck le pressentait déjà : « Etre plongé dans l’humilité, c’est être plongé en Dieu,
 car Dieu est le fond de l’abîme… L’humilité obtient des choses trop hautes pour être enseignées ; elle atteint et possède ce que la parole n’atteint pas. »

Dom André Louf explique qu’il n’y a pas de vertu sans tentation. La tentation est donc utile : « Supprimez la tentation, et personne ne sera sauvé ! ». La tentation permet la prise de conscience à la fois de la faiblesse vertigineuse des pêcheurs en puissance que nous sommes, et de la force douce et délicate, mais finalement irrésistible de la grâce.

La tentation nous fait dire : « Seigneur, que je suis faible sans toi, et fort avec toi. Et malgré mes faiblesses, ma petitesse, mes péchés… tu m’AIMES ! ».

L’incomparable délicatesse de Dieu peut être comparée au tendre jeu qui s’instaure entre une mère et son petit enfant, dans le but d’accélérer le développement de celui-ci jusqu’à l’âge adulte. « Elle porte longtemps son bébé dans ses bras jusqu’à ce qu’enfin. D’abord, elle le laisse ramper. Puis, elle le dresse, et le soutient de la main droite pour qu’il apprenne à poser les pieds l’un devant l’autre. Bientôt, elle l’abandonne un instant ; mais le voit-elle chanceler, vite elle le prend, soutient ses pas hésitants, le relève s’il est tombé, ou le retient dans sa chute, ou bien au contraire le laisse tomber doucement, pour le relever ensuite… ».
C’est de la sorte que le père céleste agit avec chacun de nous.

Humilité vient de humus (la terre, l’enracinement). Grâce à l’humilité, on peut aller au plus profond de soi. La graine d’amour peut germer. Luc 8 : « Un semeur sortit pour semer sa semence. Comme il semait, une partie de la semence tomba le long du chemin: elle fut foulée aux pieds, et les oiseaux du ciel la mangèrent. Une autre partie tomba sur le roc: quand elle fut levée, elle sécha, parce qu'elle n'avait point d'humidité. Une autre partie tomba au milieu des épines: les épines crûrent avec elle, et l'étouffèrent. Une autre partie tomba dans la bonne terre: quand elle fut levée, elle donna du fruit au centuple. Après avoir ainsi parlé, Jésus dit à haute voix: Que celui qui a des oreilles pour entendre entende! »

Humilité : image de s’agenouiller, de s’abaisser devant les autres (comme la pécheresse qui essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux). C’est le contraire de l’orgueil (sentiment exagéré qu’une personne a de sa valeur, de son importance, sentiment de supériorité).

L’humilité, on l’apprend avec les années, avec les claques (nécessairement). C’est comme une nouvelle peau. Ce n’est pas refuser de grandir. Au contraire : c’est accepter de mourir pour renaître. C’est redescendre du haut de sa suffisance pour se mettre au niveau de l’autre.

L’humilité, c’est tout sauf de la faiblesse. L’humble est le plus fort, non pas par lui-même, mais par l’amour de Dieu dont il est rempli et qui rayonne en lui. Tendre la joue réclame de la force, car il faut lutter contre son orgueil.

« Cultiver l'humilité revient à cultiver l'hypocrisie. L'humble n'a pas conscience de son humilité », disait Gandhi.

Etre humble, ce n’est pas s’effacer, être passif, renoncer. On peut être humble, comme Gandhi, et en même temps se battre pour une cause, être dans l’action.

L’humilité, c’est un état d’esprit. L’humble se considère égal à son prochain, ni supérieur, ni inférieur. C’est une vertu qui garantit dès le départ une relation vraie. Dans l’humilité, il y a une certaine sagesse.

C’est le manque d’humilité qui a détourné Adam et Eve de Dieu. Ils voulaient être aussi puissants que Dieu et avaient la prétention de pouvoir se passer de Dieu.

Quelles démarches d’humilité ? - Le pardon, l’adoration
- La purification du cœur, la libération intérieure
- Le lâcher prise : laisser tomber les barrières, les résistances, laisser la porte ouverte pour que l’autre puisse accéder à soi
- L’amour de l’autre
- Prendre le temps de la réflexion avant de juger l’autre : n’aurais-je pas agi comme lui si j’avais été à sa place ? N’aurais pas moi aussi eu cette faiblesse ? Suis-je vraiment à l’abri ? « Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre… »
- La prière : demander à être libérer du mauvais, demander l’aide de Dieu
 dans notre combat contre le mal
- La messe : un moment privilégié pour vivre l’humilité : que de témoignages d’humilité dans les évangiles. En écoutant la parole de Dieu, on participe à la grande humilité, la grande humiliation de Dieu. Le grand pardon aussi :
« Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font »
- Il ne s’agit pas de faire des efforts volontaristes. Il s’agit de se laisser habiter par Dieu. Nous sommes ce que nous sommes. Et Dieu le sait. La culpabilité (liée au péché) est probablement liée à l’idée fausse selon laquelle c’est par notre volonté que nous deviendrons « meilleurs », et donc nous nous sentons « coupables » de ne pas avoir fait assez « d’efforts ». Or, c’est Dieu qui fait le travail ! Il ne s’agit pas de « vouloir » au sens d’un effort volontariste intérieur. Il s’agit simplement de se laisser habiter par Dieu. De se reposer entre ses mains ! 
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III ) - réunion MCC du 19 septembre 2007 - équipe la Montagne
Thème : Comment concilier matérialité et spiritualité ?

  Problématique : Dans le monde dans lequel nous vivons, il peut nous arriver d’être tiraillé
 (comme un élastique) entre la lourdeur et les contraintes de la matière, et l’élévation spirituelle
 à laquelle notre âme aspire. Notre environnement matériel, notre incarnation dans la matière (embouteillages, insécurité, violence, relations humaines conflictuelles, contraintes et contrariétés de toutes sortes…) n’est pas propice à l’élévation spirituelle.
Qu’il est difficile de se tourner vers Dieu !

Un exemple concret : l’argent. Quand cesse-t-on d’adorer Dieu et passe t-on du côté de Mammon ?

L’âme et le corps sont deux entités bien différentes. L’une est éternelle, l’autre est temporel.
 Si l’âme est appelée à s’élever, à quoi sert ce passage sur Terre ? La matière, non seulement
ne nous aide pas à nous élever, mais nous emprisonne. L’enfer, c’est sur Terre.

Le spirituel et le matériel sont intimement liés et l’un a besoin de l’autre.
La prière s’exprime aussi à travers le corps.

Nous n’avons pas à choisir. Mes plus grandes joies sont liées à des choses immatérielles : amour des autres, regards, rires, joies des petits et des grands, rencontres avec des hommes et des femmes… Bref, l’Humain dans ce qu’il porte en lui de plus beau et de plus grand : l’AMOUR.
 Je ne trouve pas mon bonheur en courant après les choses matérielles.

La société de consommation m’a étourdi à un moment de ma vie. J’ai été déçu par cette course incessante après l’argent, le « toujours plus ». La spiritualité que j’ai découvert dans d’autres pays, où les gens ne possédaient pas grand chose, m’a ébloui. Notamment à Bali, où Dieu est présent dans le quotidien de chacun : ils passent un temps fou et mettent beaucoup d’amour et d’attention
 à confectionner des offrandes à Dieu, à décorer leurs temples. L’adoration de Dieu passe par des petites choses, des attentions. Bali a su concilier matériel et spiritualité.

Exemple de Bouddha : c’est la rencontre de la matérialité qui a déclenché son chemin spirituel.

Exemple de l’Inde : Au-delà de leur pauvreté, ils ont énormément à donner.

Dieu est Amour. Dieu ne nous demande pas de nous détacher des choses matérielles.
 Car ce n’est pas le matériel qui nous empêche de le rejoindre. Dieu nous demande rien d’autre
 que d’AIMER, de faire un pas de plus vers l’amour chaque jour. L’amour de soi, l’amour des autres, l’amour de la Terre, de la nature… L’AMOUR doit être au centre de nos vies, guider nos pensées, nos paroles, nos actions. Quel challenge ! Le matériel ne constitue pas une entrave à cette quête : on peut aimer à la fois Dieu et l’argent (et les plaisirs procurés par la vie matérielle),
 mais Dieu doit être une PRIORITE.

Le matériel m’aide à progresser dans la spiritualité : c’est une école d’amour. Tout ce sur quoi je bute, j’accroche, est ce qui me fait progresser.

Mathieu 6, 19-21 : le vrai trésor - Mathieu 19, 16-22 : le jeune homme riche

Le matériel peut nous emprisonner si on est dépendant.

Notre religion est vivante grâce à la prière, à l’Esprit Saint qui nous guide. Il faut faire un pas vers Dieu, prier, aller à la messe, lire la Bible, faire une retraite… mais pas seul
(accompagnateur spirituel).

Que fait-on sur Terre ? On a chacun une mission, une histoire.
Ce qui est important, c’est d’être debout, libre (dépasser ses souffrances, son passé).
Le premier miracle de Jésus : transformer 600 litres d’eau en vin !

Le fait de n’avoir pas à se soucier du matériel (avoir un minimum de confort), d’être libéré de certains besoins nous permet d’être plus disponible pour Dieu.

Les Saints n’ont pas toujours été pauvres. Nous ne sommes pas appelés au même degré de radicalité que Charles de Foucauld, François d’Assise…

Dieu est présent partout, même dans la vie et le cœur des gens qui n’ont rien (sourires dans les bidonvilles…). Il n’attend pas qu’on ait le ventre plein pour nous remplir ! Et quand on n’a rien, même pas de quoi vivre, il nous reste toujours quelque chose à donner : de l’amour.

Sainte Thérèse mettait tout son amour dans chacun de ses gestes quotidiens, chaque pensée, chaque regard.

Nous avons une double citoyenneté : passeport du ciel et passeport de la Terre.

Quel est le sens de notre vie ? La réponse à cette question est essentielle. Ouvrons nos esprits
 et nos cœurs et soyons à l’écoute de Dieu. Soyons attentifs aux signes, aux clins d’oeil (souvent humoristiques) de Dieu ! Et gardons le sourire !
(La vie est un jeu !)


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